Moi (en français) : Au cas où t'aurais pas compris, Bill est trempé à cause de la pluie et il voudrait pouvoir utiliser ta douche...
Malone (en anglais) : Ouais, pas de problème, vas-y Bill !
Le chanteur entre dans la salle de bains en fredonnant un air que je ne connais pas. Quant il en ressort, trois quarts d'heure plus tard, vêtu de fringues appartenant à Malone, les cheveux enroulés dans une serviette, nous sommes assis tous les cinq sur le plancher de la chambre, et nous jouons au Shabadabada.
Moi : Vas-y Bill, mets-toi avec Gus' et Malone, contre Tom, Georg et moi.
Bill : Euuuuh... Oui, bien sûr, mais c'est quoi, le but du jeu ?
Moi : Eh ben c'est pas très dur et en plus ça devrait te plaire : il suffit de chanter. A moins que tu n'en aies plus envie, vu ton attitude...
Le grand brun fait une tête toute bizarre, et me regarde comme s'il allait se mettre à pleurer, quant à son jumeau, je le sens sur le point de me coller une baigne. Je reprends donc plus doucement :
Moi : Excuse-moi, j'aurais pas dû dire ça comme ça. Mais je voulais juste te dire que ça sert à rien que tu perdes confiance en toi, à cause d'une bande de pétasses et de journaleux qui disent que tu fais que de la merde, tout simplement parce que c'est PAS VRAI ! Compris ? T'as encore des milliers de fans qui t'attendent, qui t'aiment, qui vivent pour vous entendre jouer et vous voir sur scène, et ces gens là tu peux PAS les laisser tomber ! Et si tu le fais t'auras affaire à moi, parce que j'en fais partie !!!! Me suis-je bien faite comprendre ?
Bill : Euh... Oui... Merci... C'est gentil de me le rappeler... Euuuh... C'est tout ?
Moi : Oui, c'est tout mais ça me tenait à c½ur. Maintenant, installe-toi, qu'on te montre qu'on est les meilleurs !
Bill s'assied en tailleur en face de moi, pendant que je retourne une carte située sur le haut de la pile posée par terre. Sur la face que je montre à Tom et Georg, deux mots sont écrits, l'un en français et l'autre en anglais. Je pose la carte par terre, et j'annonce :
Moi : Bon, le mot est "Dream". Je peux commencer, les garçons ? J'en ai une...
Georg : Euh... Ouais, vas-y, moi j'en ai pas...
Je m'adosse au lit de Malone, et je plante mes yeux dans ceux du chanteur allemand, qui me rend mon regard. Et je me mets à chanter.
Moi : It's killing me... We die when love is dead, it's killing me. We lost a dream we never had...
Bill et moi : The world in silence should forever feel alone... Cause we are gone...
Malone (nous interrompant) : Bon, ça va, ça va... Vous allez pas nous la faire en entier, quand même ? En plus... Elle est mieux en allemand ! C'est à nous, maintenant.
Surprise par son ton énervé, je tourne brusquement la tête, rompant le lien qui s'était tissé entre Bill et moi. L'expression de Malone montre qu'il est en colère, mais son regard porte autre chose qui, étrangement, ressemble à de la souffrance.
Mais avant que qui que ce soit puisse prendre la parole, le tonnerre retentit, et toutes les lumières s'éteignent.