Coming out, ou : "Waow, on en apprend plein d'un seul coup !".

Sur mon dos, les mains agréables se raidissent.

Tom : Il n'y a pas de problème avec mon frère...
Moi : Oh, allez ! Tu crois que j'ai pas remarqué ta réaction de tout à l'heure ? Il avait à peine dit trois mots que t'étais déjà en train de l'engueuler...
Tom : Oui, mais... Bon, OK, il y a un problème. Bill a un problème avec sa voix. Depuis mars... Tu sais, son opération de... Du... Ach, Scheisse, je ne sais pas comment on dit...

Voyant que Tom s'énerve, Georg, qui a entendu le début de notre conversation, s'approche de nous et prend le relai dans un anglais bien meilleur.

Georg : OK, tu sais qu'en mars, Bill s'est fait opérer d'un kyste aux cordes vocales ? Bon, eh bien depuis, il a un peu perdu confiance en lui. Il a du mal à chanter certaines chansons, comme Geh, qui demandent un gros effort vocal. Du coup, il doit modifier des mélodies... Et puis, il a un peu peur que les fans lui en veulent... Si tu savais le nombre de pétitions qu'on a reçues pour qu'on n'annule pas les concerts... Les gens se foutaient de la santé de Bill, ils ne pensaient qu'à nous voir en concert... Moi, ça m'a mis hors de moi, et Tom a failli sortir de ses gonds. Mais Bill a surtout été blessé. On a quasiment dû l'attacher à son lit pour qu'il respecte son temps de convalescence. Pour lui, on a déçu nos fans, et on DOIT se rattraper. Du coup, il travaille comme un malade, il passe ses nuits à écrire des paroles et à fredonner des mélodies dont il ne se souvient plus le lendemain matin, il est tout le temps crevé... Tom a peur pour lui... C'est pour ça qu'il a réagi un peu violemment tout à l'heure.

Je reste sur le cul devant tout ce qu'il vient de m'apprendre et je regarde fixement Tom qui, toujours agenouillé à côté de moi, secoue tristement la tête. Puis, c'est la colère qui prend le dessus, et je me mets à crier :

Moi : Ah, LE CON ! Non, excuse-moi Tom, c'est pas ce que je voulais dire, mais... Il faut absolument qu'il arrête de penser qu'on lui en veut ! Même si y a des gens qui s'énervent parce qu'on a annulé leur concert, eh ben... Eh ben on va pas arrêter d'écouter votre musique pour ça !
Tom : Mais y a des gens...
Moi : Oui, je sais y en a qui font ça. Mais y a des cons partout ! Et puis de toute façon quel mal ça peut vous faire que ces gens vous laissent tomber ? Je parie qu'au départ c'étaient des FILLES qui venaient voir ces putains de concerts juste parce que Bill et toi, Tom, vous êtes ATROCEMENT SUBLIMES !!!!

# Posté le mercredi 14 mai 2008 15:00

Modifié le jeudi 15 mai 2008 11:08

Explications et Gaffes, ou "Mais oui, Georg, je te trouve atrocement sublime aussi...".

Explications et Gaffes, ou "Mais oui, Georg, je te trouve atrocement sublime aussi...".


Tom : Ow...
Moi : Euuuuuh... Excuse mwaaaaa...
Tom : Kein Problem ! Ca fait plaisir... Donc, je suis... "Atrocement sublime" ?
Moi : Nan mais c'est pas ce que je voulais dire, et puis c'est pas la question !
Tom : Ja, ja, je te crois ! Alooooors ? Explications ?
Moi : Raaaah merde à la fin, comme si tu savais pas que la moitié des filles qui viennent vous voir en concert passent 1 heure 45 à baver devant ton jumeau et toi... Le prends pas mal, Georg, hein ?
Georg : Ben écoute, c'est un peu vexant quand même... Je sais que je suis pas un mannequin, mais tu pourrais éviter ce genre de réflexion pendant que je suis dans les parages, j'en ai déjà suffisamment toute l'année pour qu'on m'en rajoute pas en plus pendant mes vacances...
Moi : Maiiiiis je suis désolée ! J'ai rien contre toi, bien au contraire ! Mais c'est sorti tout seul, et je... Oooooh, je suis tellement désolééée !
Georg : Hé, Jeanne, blaaaague ! T'inquiète pas, y a pas de mal ! Si tu savais à quel point je m'en fous de ce que les gens pensent de mon physique...
Moi : C'est malin, tiens... En tous cas, Tom, il va falloir que j'aie une sérieuse discussion avec ton petit frère...
Tom : Tu as souvent des... "discussions" avec des garçons que tu ne connais pas ?

Un court silence suit ça question. Là, il m'a eue. C'est vrai qu'au final, on ne les connaît pas tant que ça, Malone et moi... On en a l'impression parce que ça fait du temps qu'on écoute leur musique, et qu'on essaye d'apprendre des trucs sur eux, mais qu'est-ce qu'on sait de leur vraie personnalité ? Presque rien, en fait... Incapable de répondre, je préfère bifurquer sur un autre sujet.

Moi : Bon, ça dérangerait quelqu'un de me rattacher mon maillot de bain ? Parce que c'est pas que je galère, toute seule, mais un peu...
Tom : Moi, moi, moi !!!! Mais... Je sais enlever ça, mais pas le remettre !
Malone : Bon, ça va... Très drôle, Tom... Je m'en occupe, Jeanne, je crois que ce grand crétin dreadeux en a déjà suffisamment profité...

Malone pousse Tom et prend sa place pour rattacher mon soutif de maillot. Il a l'air énervé, et resserre les fils d'attache tellement sèchement que j'ai l'impression de porter un corset. Mais qu'est-ce qu'il a ? Pourquoi il est si vache tout le temps avec Tom ? Il faudrait qu'il se calme, quand même... Faudra que je lui demande quel est le problème...

Gustav : Bon, ça vous dit une partie de tarot ? J'ai apporté un jeu... C'est cool un tarot à cinq, non ?
Tom : Ja, c'est OK pour moi.
Georg : Ouais, ça me dit !
Moi : Ca me dit aussi. Malone, tu joues avec nous, ou tu boudes ?
Malone : Bla, bla, bla... Je sais pas ce qui me retient de te faire bouffer un peu de sable, ma Jeannou...
Moi : Mmmm... Sans doute mon air candide, innocent et trop mignon pour être torturé à ce point...
Malone : Cette fille me tuera... OK, je joue...

# Posté le jeudi 15 mai 2008 11:43

Modifié le vendredi 06 juin 2008 13:07

Le Retour, ou : "Mais pédalez plus vite, bande de glands !".

Le Retour, ou : "Mais pédalez plus vite, bande de glands !".

Après une vingtaine de parties acharnées, pounctuées de fous rires en tous genres et d'une belle collection de vannes vaseuses de la part de Tom, on finit par décider de rentrer avant de se prendre une magnifique averse sur le nez. On ramasse donc nos affaires, et on retraverse la forêt en quatrième vitesse pour aller récupérer nos vélos.
Sous un ciel gris sombre bien menaçant, on pédale de toutes nos forces, poussés par le vent. Du coup, le retour nous prend carrément moins de temps que l'aller et on arrive à Saint Denis, le village de Malone, en une quarantaine de minutes. Ce dernier nous emmène dans une ruelle au bord de la plage, et s'arrête devant une très grande maison aux volets bleus typiques de l'Île d'Oléron, dont la façade rez-de-chaussée du côté mer est entièrement constituée de baies vitrées.

Il nous ouvre le portail et nous emmène poser nos vélos dans un garage situé sous la maison, puis il nous fait sortir au pas de course, et nous dit d'entrer dans une petite maison à l'écart du bâtiment principal, pendant qu'il va prévenir sa famille qu'il est rentré. Déjà, la pluie commence à tomber, on se précipite donc à l'abri à l'intérieur, en se bousculant et en rigolant. Manifestement c'est la chambre de Malone, puisque dans l'obscurité j'aperçois un lit. Mon pote, qui nous a rejoints, s'avance à tâtons pour allumer la lumière, et il finit par trouver un interrupteur.

La lumière nous aveugle un instant, mais presque immédiatement une forme sombre se jette sur moi en hurlant.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 14:55

La Petite S½ur, ou : "OOooooooooooOOooh, je veux la mêêêême !!!!".

La Petite S½ur, ou : "OOooooooooooOOooh, je veux la mêêêême !!!!".


"BOOOOUUUUUUUUH !!!!!!!!"

Je pousse un hurlement terrorisé, et je me jette dans les bras du premier garçon qui passe par là, c'est-à-dire Georg. Ce dernier me serre un instant contre lui, puis explose de rire, et me repousse doucement. Je tourne la tête, et quand je vois la personne qui se marre derrière moi, je me sens soudain ridicule.

C'est une toute petite fille d'environ cinq ans qui a de très longs cheveux noirs et lisses, et des yeux noirs légèrement bridés qui brillent de joie et de malice. Elle porte une petite robe blanche décorée de cerises, et elle est... Tout simplement ADORABLE !
Malone se précipite sur elle et, toujours en riant, il la soulève dans ses bras, la jette sur son lit, et commence à la chatouiller.

Malone : Aïko, espèce de petit démon ! Tu nous as fait peur ! Moi qui voulais te présenter mes amis comme "mon adorable petite s½ur"...
Aïko (en riant) : Arrête grand frère ! Je croyais que tu serais tout seul ! Arrêêêête, tu me chatouuuuilles !

A nouveau, Malone la soulève dans ses bras, puis il lui colle un énorme bisou sur la joue, et il la pose par terre, avant de déclarer en français :

Malone : Bon alors les gens, c'est Aïko, ma petite s½ur chérie. Aïko, je te présente Jeanne, Gustav, Tom et Georg.
Aïko : Eux, je les connais. C'est les gens qui font de la musique. Ils sont sortis de tes posters ?
Malone : Euuuuh... Non, pas exactement, ma puce. En fait, ils...
Aïko : Et elle, c'est ton amoureuse ? Elle est jolie ! Bonjour, je m'appelle Aïko, tu es l'amoureuse de mon grand frère ?

La petite fille s'est tournée vers moi avec un grand sourire innocent, ignorant complètement la jolie couleur "écarlate à tendance betterave" qu'a prise son frère. Je m'accroupis, histoire d'arriver à sa hauteur, et je lui souris à mon tour.

Moi : Bonjour jeune fille. Moi c'est Jeanne. Et si tu veux tout savoir : non, je ne suis pas l'amoureuse de ton frère.
Gustav : Euuuuuh... Sans vouloir casser l'ambiance, vous pourriez nous expliquer ce qui se passe ? Je vous rappelle qu'on entrave que dalle au français, avec Tom et le Hobbit...
Moi : Ben écoute, c'est pas dur... En gros, le bout de chou s'appelle Aïko, c'est la demi-s½ur de Malone, et elle est persuadée que vous êtes sortis des posters de son frère. Ah, et aussi que je suis sa copine, mais je lui ai expliqué que non.
Tom (en ricanant) : Hin hin hin... Noch niiiiicht ! Allez, me dis pas que tu n'aimerais pas être sa copine !

# Posté le samedi 24 mai 2008 11:43

La Batterie, ou : "Merde, qui est le con qui a fermé ces volets ?".

La Batterie, ou : "Merde, qui est le con qui a fermé ces volets ?".
Tom se met à ricaner tout seul, et Georg me fait signe dans son dos que si je veux, il peut le calmer en lui faisant faire connaissance avec son poing droit. Je souris, et lui fais signe que non en espérant que mes joues ne sont pas trop écarlates. Ce grand crétin dreadeux a touché juste... C'est vrai que ça ne me dérangerait pas, de sortir avec Mal'... Pendant que je me perds dans le labyrinthe de mes pensées, ce dernier se tourne vers sa petite s½ur, et lui dit :

Malone : Bon, Aï, je veux pas te mettre dehors, mais on va parler de trucs de grands et je pense que ça ne va pas trop t'intéresser. Et si tu allais voir si Jin n'a besoin de rien ?

La petite se dirige docilement vers la porte. Au passage, elle attrape un sweater de son frère dont elle se couvre la tête et les épaules afin de se protéger de la pluie. Elle nous fait un sourire craquant, puis sort de la chambre, et sort se réfugier dans la grande maison. Malone ferme les volets derrière elle, et je me tourne pour observer sa chambre.

C'est une pièce carrée dont un des coins et coupé par une pièce, que je suppose être une salle de bain. Les murs sont blancs, mais couverts de posters et de dessins. Les meubles, un placard, un lit et une table de chevet, sont en bois blanc. Le joyeux bordel qui règne ici et les chaussettes éparpillées un peu partout ne peuvent tromper personne : c'est bien une chambre de mec !

Malone : Bon, allez, on se bouge, j'ai un truc à vous montrer. Venez par là.

Il nous entraîne dans le recoin formé par la salle de bain, où on trouve un petit escalier en colimaçon qui descend au sous-sol. On l'emprunte, à la suite de Malone et là... Wooooouh...

Nous sommes arrivés dans une pièce de la même taille que la première, au milieu de laquelle trône... Une batterie ! Mal' se tient à côté de l'instrument, caressant amoureusement une des cymbales, quant à Gustav il a les yeux qui brillent, et quasiment les mains jointes.

Gustav : Oooooh, elle est magnifique ! C'est dingue ! Mais... Tu la transportes à chaque fois que tu viens ici ? Comment tu fais ?
Malone : Non, en fait, c'est ma toute première batterie, mais avant elle appartenait à mon père. Du coup comme elle est assez vieille, elle s'abime facilement, donc j'ai préféré l'installer ici, où je joue un peu moins, et moins souvent.
Gustav : T'as raison... Et tu... Tu me laisserais en jouer un peu ?

Mais avant que Malone ne puisse répondre, un grand bruit retentit dans la pièce supérieure, comme si quelqu'un tapait contre les volets.

Georg : Hé, vous avez entendu ça ?
Moi : Oh meeeeerde ! Je crois que je sais qui c'est ! On a oublié que Bill devait venir nous rejoindre plus tard !
Tom : Ow... Il va être pas content !

Laissant Gus' et Malone vouer un culte à la batterie, je remonte l'escalier, suivie de Tom et de Georg. Arrivée dans la chambre, je me précipite pour ouvrir les volets, et la violence de la pluie et du tonnerre à l'extérieur me fait reculer d'un pas, mais Bill entre immédiatement dans la chambre, et une fois de plus, j'explose de rire en le voyant.
Les cheveux et les vêtements du chanteur dégouttent par terre, formant une petite mare, et son khôl dégouline sur ses joues, genre "film d'horreur". Je jette un coup d'½il à Tom, et je m'aperçois que, comme moi, il s'attend à une scène d'énervement d'anthologie, avec Bill qui crie et tape dans tout ce qui trouve. Mais à la place, le grand brun secoue la tête, foutant un peu plus d'eau partout, puis nous dit d'un ton joyeux :

Bill : J'ai traversé la mousson !!!!

# Posté le samedi 24 mai 2008 12:04

Modifié le dimanche 25 mai 2008 12:21